Fatigue des aidants naturels : 4 particularités – Catherine Coker Bouches-du-Rhône

fatigue des aidants naturels dans les bouches du Rhône - Catherine Coker Istres

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La fatigue des aidants naturels est une question qui me tient à coeur parce que je la connais. Un aidant fatigué n’est pas ce que souhaite la personne qui est soutenue. Voici un article pour repositionner certains aspects spécifiques de la fatigue des aidants familiaux. 

Table de matières

Fatigue des aidants naturels : un épuisement silencieux dans les Bouches-du-Rhône

Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreuses personnes accompagnent chaque jour un proche malade, dépendant ou en perte d’autonomie. À Istres, comme dans les communes voisines, ces aidants naturels jouent un rôle essentiel, souvent sans reconnaissance, sans relais, et parfois sans soutien. Derrière l’engagement et l’amour, une fatigue profonde s’installe, lentement, presque imperceptiblement.

Quand aider devient un état permanent jusqu'à la fatigue des aidants naturels

Être aidant, ce n’est pas seulement accomplir des gestes concrets.

4 particularités de la fatigue des aidants naturels

La première singularité sur les 4 particularités de cette fatigue

Aider, ce n’est pas un verbe d’action qui parle du role de aidants. Aider c’est un état de présence, d’attention, d’écoute.

Dire « aider » comme un simple verbe d’action suppose souvent faire à la place de, résoudre, intervenir. Or, dans le rôle des aidants — qu’ils soient proches, soignants, accompagnants — aider est souvent moins un faire qu’un être.

Aider, dans ce sens-là, c’est :

  • être présent sans envahir

  • écouter sans vouloir corriger

  • accueillir sans juger

  • soutenir sans diriger

Pour les aidants naturels, aider c’est être présent en continu, attentif au moindre changement, disponible émotionnellement, parfois jour et nuit.

Cette présence constante laisse peu de place au repos, à la respiration, à soi-même.

Beaucoup d’aidants parlent d’une fatigue qui ne disparaît pas avec le sommeil, d’un épuisement intérieur difficile à expliquer à l’entourage.

Dans le sud des Bouches-du-Rhône, où les solidarités familiales sont fortes, il est fréquent que les aidants minimisent leur propre état : « Je tiens », « Il y a pire que moi », « Je n’ai pas le droit de me plaindre ».

Pourtant, le corps et le mental finissent souvent par envoyer des signaux : tensions, troubles du sommeil, irritabilité, découragement.

La fatigue émotionnelle des aidants familiaux

fatigue émotionnelle des aidants familiaux

Le stress des aidants naturels : un état singulier, mêlé à la peur de perdre l’être aimé

Derrière la fatigue des aidans naturels, se dissimule un stress complexe. 

En effet, il ne se limite pas à la charge des responsabilités ou à l’organisation du quotidien. Il est profondément lié à la peur de perdre l’être aimé. Chaque rendez-vous médical, chaque aggravation, chaque incertitude ravive cette angoisse, parfois difficile à nommer.

Ce stress est souvent silencieux, car il est traversé par la culpabilité : culpabilité de penser à l’avenir, de ressentir de la peur, de se sentir fatigué alors que l’autre souffre davantage. Pourtant, cette peur fait partie intégrante du lien. Elle témoigne de l’attachement, de l’amour, de l’importance de la relation.

La colère : une émotion fréquente mais rarement exprimée. 

Or, l’inexpression de ses émotions amène beaucoup de fatiguer à moyen ou long terme. 

Parmi les émotions vécues par les aidants, la colère occupe une place centrale, bien qu’elle soit souvent refoulée. Colère face à l’injustice de la situation, face au manque de soutien, face aux contraintes administratives, parfois même face au proche aidé ou à soi-même.

Dans une approche Gestalt, la colère n’est pas vue comme un défaut, mais comme un signal. Elle indique que des limites sont atteintes, que des besoins ne sont plus respectés. Lorsqu’elle est niée ou enfouie, elle peut se transformer en épuisement, en tristesse ou en sentiment d’impuissance. Lorsqu’elle est reconnue, elle devient une ressource pour ajuster la relation et retrouver une forme de justesse.

 

La fatigue des aidants naturels peut être masquée

4ième aspect des particularités de la fatigue des aidants familiaux : ce qui peut la rendre supportable

la fatigue des aidants familiaux peut être masquée

L’espoir, même fragile, reste vivant : le soutien des aidants familiaux

Malgré la fatigue, le stress et les émotions contradictoires, beaucoup d’aidants conservent une forme d’espoir.

Un espoir discret, parfois changeant : espoir d’un moment de calme, d’un sourire, d’un instant de connexion authentique. Il ne s’agit pas toujours d’espérer une guérison, mais de préserver la qualité du lien, ici et maintenant.

La sophrologie peut offrir aux aidants des temps de pause intérieure, des espaces pour souffler, se recentrer et se reconnecter à leurs ressources. Sans chercher à aller mieux à tout prix, simplement en accueillant ce qui est là.

Être aidant dans les Bouches-du-Rhône : ne pas rester seul

À Istres et dans les Bouches-du-Rhône, de plus en plus d’aidants ressentent le besoin d’être écoutés, compris, sans jugement. Pouvoir déposer sa fatigue, ses peurs, sa colère et aussi ses élans d’espoir, dans un espace sécurisé, peut profondément soulager.

Prendre soin de l’aidant, ce n’est pas retirer quelque chose à la personne aidée. C’est au contraire préserver la relation, permettre qu’elle reste vivante, humaine, ajustée. Reconnaître sa propre fatigue est souvent le premier pas vers un accompagnement plus respectueux de soi et de l’autre.

Catherine Coker, Bouches du Rhône (13,)

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